Jeudi 8 octobre 2009
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Bien que solitaire, le diable de Tasmanie vit en réseau avec ses congénères, ce qui facilite la progression d’une grave maladie qui affecte ces marsupiaux.
Le diable de Tasmanie est désormais une espèce menacée. (Brakefield Tom/SUPERSTOCK/SIPA)
Réputé solitaire, le diable de Tasmanie est en fait un animal social, selon une nouvelle étude menée sur cette île australienne. Or, pour la population de ces marsupiaux
carnivores (Sarcophilus harrisii), les relations sociales sont potentiellement dangereuses. Les diables de Tasmanie souffrent d’une forme rare de tumeur cancéreuse qui se transmet comme
une maladie contagieuse lors des contacts entre individus.
De précédentes études ont déjà montré que le cancer de la face qui affecte cette population passe d’un animal à un autre par morsure, lors des accouplements ou des affrontements. Observé pour la
première fois en 1996 dans le nord-est de la Tasmanie, ce cancer (DFTD pour Devil Facial Tumour Disease en anglais) s’est répandu sur 64 sites recouvrant 60% du territoire tasmanien.
Afin de mieux comprendre comment la contamination se fait, l’équipe de Rodrigo Hamede, de l’Université de Tasmanie, a étudié les relations entre ces marsupiaux. Les chercheurs ont travaillé dans
une zone qui n’est pas touchée par le cancer et ils ont équipé 46 diables de colliers électroniques enregistrant les rencontres avec des congénères à environ 30 cm –une distance impliquant un
contact physique.
Les résultats, publiés dans la revue Ecology Letters, montrent que les diables de Tasmanie sont tous au cœur d’un réseau social : bien que solitaires, tous les individus sont connectés aux
autres, ce qui facilite la progression d’une maladie contagieuse.
La DFTD est mortelle dans tous les cas. La tumeur qui se développe sur la bouche et la face empêche les animaux de se nourrir et au bout de quelques mois ils meurent. De nombreuses recherches
sont en cours pour comprendre la maladie, trouver les moyens de freiner sa progression, mais aucune solution n’a encore été trouvée.
Le nombre de diables observés en Tasmanie a chuté de 70% depuis les années 90, et de 95% dans le nord-est, la région affectée en premier lieu. La maladie poursuit sa progression, facilitée par la
faible diversité génétique de la population.
Source : Science et Avenir
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