Une jument met bas dans un abattoir ! Grâce à la SPA, elle et sa
pouliche sont sauvées de la mort !
Le 18 avril dernier, une petite jument gestante, prête à mettre bas, en provenance d'Espagne, arrive dans un abattoir de l'Aude. Si la loi française autorise
l'abattage des juments gestantes, elle l'interdit lorsque celles-ci sont à terme. Ce qui était le cas en l'espèce ! Première infraction à la réglementation !
Elle n'est pas abattue lors de son arrivée, faute de temps. Son abattage est prévu le lundi suivant. Pendant le week-end, la jument donne naissance à une petite
pouliche, parfaitement viable !
Le lundi, à la vue de cette scène improbable, aucun abatteur n'a le courage de tuer la jument et aucun vétérinaire n'accepte d'euthanasier la pouliche. Première
victoire, tout le monde se mobilise. La directrice de l'abattoir demande une dérogation mais les services de l'Etat refusent en indiquant que tout animal entré dans un abattoir doit en ressortir
mort.
La Présidente de la délégation SPA de l'Aude, Sylvie Fabre, est alors informée de l'abattage imminent de cette jeune mère et de son poulain. Tout est mis en œuvre
pour obtenir de la Direction Générale de l'Alimentation une dérogation au règlement draconien. Dans un premier temps, la SPA est informée que rien ne peut être fait et que ces deux animaux
mourront le 5 mai. La SPA ne peut s'y résoudre !
Après de nombreux contacts pris au plus haut niveau du Ministère de l'Agriculture, l'accord intervient le 30 avril : la dérogation est accordée !
Un agriculteur, ému par l'histoire de cette jument et de son petit, accepte de les adopter. L'histoire se termine bien. Mais combien d'animaux sont dans ces
situations dans les abattoirs de France ? Trop, certainement !
La SPA fait campagne contre l'hippophagie et souligne les conditions de transport détestables des animaux destinés à la boucherie, du manque de prise en compte d'un
minimum de bien-être animal. Le cas de cette jument gestante, prête à mettre bas, épuisée par la brutalité et la fatigue d'un long voyage, et donnant la vie aux portes de la mort est-il un cas
isolé ?
Quelle traçabilité ? D'où viennent les chevaux abattus en France ? Combien de poulains morts dans le ventre de leur mère ? Combien de juments ont mis bas durant
leur transport ? Dans quelles conditions ?
Pourquoi la France est-elle l'un des derniers pays à manger du cheval ? Pour permettre aux autres pays européens d'écouler leurs stocks de vieux chevaux et
d'invendus ? Serions-nous les consommateurs de poubelles européennes d'équidés ?... La discussion est ouverte !
Vos Avis !